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Publié par M. Damiani

Histoire de la Madelon.

Comme chaque année, la ville de Fontenay-sous-Bois organise son festival de la Madelon, fête locale traditionnelle avec concerts, manèges, animations de rue, vide grenier et stands associatifs.

L'occasion de rappeler l'histoire de cette tradition et le lien entre cette fête et le souvenir de la guerre de 1914-1918.

Comme dans de nombreuses villes, à Fontenay, il était de tradition, depuis 1842 que chaque année soit choisie honorée une "jeune fille vertueuse" qui représentait la commune. Elle devait déposer une rose sur la tombe d'un bienfaiteur de la commune.

Cette tradition va connaître une évolution au 20e siècle grâce à la Madelon. Il s'agit d'une chanson populaire qui fut créée en mars 1914 dans un café-concert de Paris. C'est une commande du chanteur Bach. Les paroles sont de Louis Bousquet et la musique de Camille Robert. Elle raconte l'histoire de la servante d'un cabaret militaire qui sert à boire aux soldats.

Cette chanson a d'ailleurs peu de succès lors de sa création. Mais elle rencontre le succès et prend son envol à partir de Fontenay-sous-Bois dans l'enthousiasme de l'entrée en guerre en août 1914. A cette époque, le chansonnier qui avait assisté quelques mois auparavant à la création de cette chanson à Paris la reprend. Artilleur, il est alors cantonné à l'école Jules Ferry de Fontenay et c'est là dit-on qu'il chante La Madelon pour amuser ses camarades. Ceux-ci l'apprennent et la chantent à leur tour. C'est le début du succès de cette chason qui est reprise dans les spectacles des comiques troupiers ces amuseurs qui chantaient pour divertir les soldats en permission.

Histoire de la Madelon.

C'est le chanteur Marcelly qui est le premier à enregistrer le chanson de la Madelon sur un disque sorti en 1917.

Pour rendre hommage à ce succès et en souvenir des très nombreux morts de cette première Guerre mondiale, la municipalité de Fontenay-sous-Bois décide en 1920 que désormais, la Rosière municipale serait appelée la Madelon.

Le 29 mai 1921, un plaque est apposée sur la façade de l'école Jules Ferry rue Roublot, pour rappeler que c'est à cet endroit que commença le succès de la chanson.

Histoire de la Madelon.

Durant 90 ans, de 1921 à 2011, la commune de Fontenay et son comité des fêtes ont donc élu chaque année une jeune fille. Cette tradition a été arrêté en 2011, la ville considérant que l'élection d'une jeune fille sur des critères physiques ne correspondait pas à l'idée d'égalité femme - hommes défendue par la politique municipale.

Les paroles de la chanson d'ailleurs ne sont pas très féministes, la Madelon étant une jeune fille qui fait l'objet des fantasmes de ces soldats loin de leurs "promises". Plusieurs niveaux de lecture peuvent être proposés de cette chanson comique qui évoque une réalité sans doute moins rose et romantique que celle des paroles prises au premier degré.

L'élection de la Madelon a été remplacée par l'attribution d'un prix récompensant des jeunes (filles ou garçons) engagés dans des projets solidaires et associatifs.

Histoire de la Madelon.

Cependant, s'il n'y a plus d'élection d'une Madelon, la municipalité perpétue le souvenir de cet épisode historique en déposant chaque année une gerbe de fleurs à l'école Jules Ferry à l'occasion des fêtes de la Madelon.

Cette année 2013, les élus de Fontenay étaient accompagnés dans cette cérémonie par M. François Puchois (à gauche sur la photo) maire de Trucy dans l'Aisne, village dévasté lors de l'offensive Nivelle d'avril 1917, que la ville de Fontenay a aidé à se reconstruire à partir de 1919. Symbole fort que ce parrainage solidaire qui se poursuit depuis plus de 92 ans et dont la vitalité a dépassé celle de l'élection de la Madelon.

Pour le repos, le plaisir du militaire,

Il est là-bas à deux pas de la forêt

Une maison aux murs tout couverts de lierre

« Aux Tourlourous » c'est le nom du cabaret.

La servante est jeune et gentille,

Légère comme un papillon.
Comme son vin son œil pétille,

Nous l'appelons la Madelon

Nous en rêvons la nuit, nous y pensons le jour,

Ce n'est que Madelon mais pour nous c'est l'amour

Refrain :

Quand Madelon vient nous servir à boire

Sous la tonnelle on frôle son jupon

Et chacun lui raconte une histoire

Une histoire à sa façon

La Madelon pour nous n'est pas sévère

Quand on lui prend la taille ou le menton

Elle rit, c'est tout le mal qu'elle sait faire

Madelon, Madelon, Madelon !


Nous avons tous au pays une payse

Qui nous attend et que l'on épousera

Mais elle est loin, bien trop loin pour qu'on lui dise

Ce qu'on fera quand la classe rentrera

En comptant les jours on soupire

Et quand le temps nous semble long

Tout ce qu'on ne peut pas lui dire
On va le dire à Madelon

On l'embrasse dans les coins.
Elle dit « veux-tu finir… »

On s'figure que c'est l'autre, ça nous fait bien plaisir.



Refrain



Un caporal en képi de fantaisie

S'en fut trouver Madelon un beau matin

Et, fou d'amour, lui dit qu'elle était jolie

Et qu'il venait pour lui demander sa main

La Madelon, pas bête, en somme,

Lui répondit en souriant :

Et pourquoi prendrais-je un seul homme

Quand j'aime tout un régiment ?

Tes amis vont venir. Tu n'auras pas ma main

J'en ai bien trop besoin pour leur verser du vin



Refrain

Cérémonie du 2 juin 2013.

Cérémonie du 2 juin 2013.

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