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histoire-geo-ensemble.overblog.com

Un blog sur l'histoire, la géographie et l'éducation civique enseignées dans un collège de Fontenay-sous-Bois

C'est de là qu'ils sont partis... sans retour.

C'est tout près de chez nous. C'est un lieu chargé d'histoire. Une histoire tragique. Celle d'un des événements les pls graves de la Seconde Guerre mondiale en France: la déportation des juifs de France.

On connaît déjà la cité de la Muette à Drancy transformée par les autorités françaises en camp d'internement où séjournèrent durant l'Occupation, d'août 1941 à août 1944, des dizaines de milliers de personnes avant leur déportation. Elle est devenue un Mémorial à la mémoire des plus de 76 000 juifs déportés. Parmi eux 67 000 avaient été internés à Drancy.

Image 1: Bundesarchiv.
Image 1: Bundesarchiv.Image 1: Bundesarchiv.

Image 1: Bundesarchiv.

Après leur passage au camp de Drancy, les internés furent déportés vers les centre de mise à mort de l'Est (majoritairement Auschwitz) via la gare du Bourget (en 1942-1943) puis via celle de Bobigny (en 1943-1944). Ce qu'il reste de cette gare peut se visiter. Il suffit de suivre le lien ci-dessous.

Lieu étonnant que cette ancienne gare où c'est surtout le vide qui est très présent comme le décrit ce texte de Vianney Delourme publié par le site enlargeyourparis.fr

TU N’AS RIEN VU À LA GARE DE BOBIGNY.

29 janvier 2015

De 1941 à 1944, Bobigny, Drancy et Le Bourget servirent d'antichambre au camp d'Auschwitz pour 63.000 Juifs. Dimanche, une visite commentée sera organisée sur les traces de cette tragédie de l'Histoire. Nous nous sommes rendus à la gare de Bobigny pour nous imprégner de la mémoire des lieux.

Tu n’as rien vu à Bobigny. Elles n’existent plus les rampes qui permettaient aux bus de quitter l’actuelle D115 pour déposer les futurs déportés sur les quais de la gare de fret de Bobigny. Ils n’existent plus les trains de marchandises qui d’une traite les emmenaient à Auschwitz-Birkenau. Ils n’existent plus les miradors, les barbelés qui entouraient la gare et la protégeaient des regards des passants. Evidemment, tu n’as rien vu ni entendu de ce qui s’est joué ici, entre février 1942 et août 1944.

Direction l’Est, le dernier voyage
Tu n’as rien vu à Bobigny, qu’un vague terrain, coincé entre une départementale, une cité HLM et des voies ferrées qui s’arrêtent à quelques kilomètres de là, Gare de l’Est, à Paris. Un guide bénévole, dépêché par l’office du tourisme ou par la mairie, t’a montré un petit bâtiment emmuré, avec écrit dessus « Bobigny » en belles lettres de céramique. Et puis des plaques payées par des associations de résistants ou signées du nom d’hommes politiques qui appellent à se souvenir.

Au fond du terrain, un ancien hangar en travaux. Un peu plus loin, tu as marché le long de deux rails qui se dirigeaient vers une grille, et derrière elle, un nœud ferroviaire, et puis avec lui, direction l’Est, le dernier voyage.

63.000 Juifs déportés
Tu n’as rien vu. Mais tu as compris. Compris qu’ici, dans ce lieu industriel banal, qui fut une casse de ferrailleur après guerre et est depuis peu protégé par un petit macaron « monument historique », il s’est passé quelque chose de fou, d’inimaginable. Tu sais que cet endroit où il n’y a rien à voir, ne va sans doute pas sortir de ta mémoire.

Parce que d’ici et de la gare toute proche du Bourget furent déportés presque tous les Juifs arrêtés en France pendant la Seconde Guerre mondiale. Précisément 40.000 depuis le Bourget et 23.400 depuis cette petite gare de rien du tout. Tous venaient des camps de transit de Pithiviers (45) et de Beaune-La-Rolande (91), ou de celui plus connu de Drancy (93), à quelques kilomètres de là ; ou encore du camp des Milles, à la porte d’Aix-en-Provence, et celui de Récébédou, près de Toulouse.

De Bobigny, il n’y avait plus qu’une direction, Auschwitz, dans la banlieue de Cracovie, où l’on parvenait après trois ou quatre jours de trajet dans un wagon à bestiaux. Tu n’as rien vu à Bobigny, mais tu vas t’en souvenir longtemps.

Enlargeyourparis

Photographie Vianney Delourme.

Photographie Vianney Delourme.

De cette gare, des dizaines de Fontenaysiens arrêtés sont partis vers les lieux de mise à mort nazis.

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