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Publié par M. Damiani-Aboulkheir

Le 21 janvier reste dans l'histoire de France une date symbolique. C'est en effet le 21 janvier 1793 que Louis Capet, comme on disait à l'époque "Ci-devant Louis XVI" fut exécuté, guillotiné à Paris place de la Révolution (aujourd'hui place de la Concorde).

Moment symbolique s'il en fut qui suit le vote de l'Assemblée nationale, la Convention, qui les 15, 16 et 17 janvier vote, député après député, pour répondre à différentes questions:

1) Louis Capet est-il coupable de conspiration contre la liberté publique et d'attentats contre la sureté générale de l'Etat ?

Réponse: OUI par 673 voix sur 718 présents.

2) Le jugement de la Convention nationale contre Louis Capet sera-t-il soumis à la ratification du peuple ?

Réponse: NON par 423 voix.

3) Quelle peine sera infligée à Louis ?

Réponse:

La mort sans sursis: 387

La mort avec sursis: 44

Autres peines: 290

Abstentions: 5

La majorité absolue était de 361 voix.

4) Y aura-t-il un sursis à l'exécution du jugement de Louis Capet ?

Réponse: NON par 380 voix.

C'est donc après un procès exceptionnel, où la représentation nationale a joué le rôle de tribunal (comme l'avait fait dans une certaine mesure le parlement anglais qui avait créé un tribunal spécial pour condamner Charles 1er en 1649).

La condamnation à mort de l'ancien roi de France est donc un acte de rupture avec la monarchie. Son exécution est une étape importante de la Révolution. Elle a été représentée par diverses gravures...

21 janvier date symbolique...
21 janvier date symbolique...

Elle fut ensuite représentée au cinema dans le film La Révolution, seconde partie Les années terribles, mis en scène par Richard T. Heffron avec l'historien Jean Tulard pour conseiller historique.

Cet événement marquant donna lieu à l'écriture de nombreux dessins et textes. Parmi ceux-ci, le texte du chansonnier révolutionnaire Ladré reprend un à un les différents reproches qui sont portés à l'encontre de l'ancien roi destitué depuis le 20 août 1792...

Le vingt et un janvier
Sept cent quatre-vingt-treize,
Capet, tyran dernier,
Qu'on nommait Louis Seize,
A reçu ses étrennes
Pour avoir conspiré.
Ce fuyard de Varennes
Est donc guillotiné.

Ayant prémédité
La perte de la France,
Contre la liberté,
Fut la plus grande offense.
La raison souveraine
Diminuant son rang,
Par conseil de la Reine,
Fit répandre le sang.

Louis Capet était
Héros du fantisme,
Des prêtres soutenait
Le sanglant catéchisme.
Ce parjure despote
Pour le peuple jurait :
Le blason, la calotte,
Ce tyran soutenait.

Les nobles orgueilleux,
Ses parents et ses frères,
Et de la part des cieux,
Les prêtres réfractaires,
Lui disaient de mal faire.
Les ayant écoutés,
La loi le met en terre :
Il la bien mérité.

Les tyrans couronnés
Et tous leurs satellites,
Les nobles enragés,
Qu'ils cessent leurs poursuites.
Ce grand chef des despotes
Est mort sur l'échafaud,
Les dévots et dévotes
N'osent plus dire un mot.

A Rome que diront
Ses tantes, vieilles sottes,
Comme elles jureront
Contre les patriotes !
Et le pape de Rome
Nous excommuniera,
Et bientôt un Saint Homme
Du tyran on fera.

Il pouvait être heureux
Etant roi sur la terre,
Pour lui, c'est malheureux
Qu'il fût sans caractère :
Faut avoir une tête
Pour être couronné,
Etant faible et trop bête,
Il fut guillotiné.

Ah ! que le nom de roi
Soit hors de nos mémoires,
Pour soutenir la loi
Remportons des victoires.
Le bonnet et la pique
Conservons bien, Français.
Vive la République,
Crions tous à jamais !

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